Marianne Margaté - Fil info - Décembre 2025

« Ils pourront couper toutes les fleurs, ils n'empêcheront pas le printemps. »

Neruda a écrit ce vers depuis l'exil, traqué par la junte chilienne. Il savait de quoi il parlait : le jardinier qui arrache les fleurs travaille la terre malgré lui, et chaque geste qu'il fait pour détruire prépare ce qui va renaître. Toute l'année qui s'achève pourrait se lire ainsi.

Deux gouvernements sont tombés en 12 mois. Le premier renversé, le second effondré faute d'appui. On parle de crise politique, d'instabilité, des mots qui décrivent des effets en masquant les causes. Ce qui se joue est plus profond : le décalage croissant entre les exigences du capital et la capacité du système à les faire accepter. Le pouvoir peut encore imposer ; il ne peut plus convaincre. 5 milliards prélevés sur les collectivités locales, du jamais vu, pendant que 211 milliards continuent d'irriguer les grandes entreprises sans contreparties. Les chiffres disent où va la richesse produite, et d'où elle est extraite.

C'est précisément pour cela que les collectivités sont frappées. Ce qui reste de service public, l’hôpital, l'école, le transport, la poste, représente un espace encore partiellement soustrait à la loi de la valeur. Le travail qui s'y accomplit produit de l'utilité sociale, du bien commun. Pour le capital, une anomalie à résorber. En Seine-et-Marne, nous avons vu cette année ce processus dans sa brutalité concrète. À Claye-Souilly, le centre de santé SoMeD s'est effondré du jour au lendemain. Quand la santé devient un actif financier, elle obéit aux lois des actifs financiers : on l'exploite tant qu'elle rapporte, on l'abandonne quand elle coûte. Au Grand Hôpital de l'Est Francilien, des médecins venus de l’étranger, ceux qui font tenir nos urgences, se voient réclamer 2,7 millions d'euros.

L'austérité que nous subissons ici s'inscrit dans un ordre mondial dont nous ne voyons qu'une face. À Gaza, un génocide se déroule sous nos yeux. Au Soudan, 10 millions de déplacés. Au Congo, le coltan et le cobalt alimentent l'économie numérique. On nous présente parfois ces réalités comme le prix à payer pour notre prospérité. Mais quelle prospérité ? Celle des dividendes record, certainement. Nous n'avons rien à gagner à cet ordre-là, et tout à gagner à en imaginer un autre, fondé sur la coopération entre les peuples plutôt que sur leur mise en concurrence.

Sous l'hiver, pourtant, les racines tiennent. 7 Français sur 10 veulent l'abrogation de la réforme des retraites. Dans les hôpitaux, dans les écoles, des femmes et des hommes continuent d'accomplir ce que le marché ne sait pas accomplir. Voilà les fleurs que Neruda voyait repousser.

Je serai à vos côtés, pour la santé, pour les services publics, pour la paix. Neruda avait raison : ils peuvent couper toutes les fleurs. Le printemps viendra, parce que nous le ferons venir.

Je vous souhaite une année 2026 à la hauteur de vos engagements : exigeante, combative et fraternelle.

Marianne Margaté

Je me suis rendue à plusieurs reprises au centre de santé privé SoMeD à Claye-Souilly. Ce que j'y ai vu est révoltant. On se cogne ici brutalement à la réalité de la marchandisation de la santé : c'est violent, c'est injuste et c'est scandaleux.

Sur le terrain, le constat est amer :

  • Pour les salariés : C'est l'abandon total. Ils font face à un dirigeant fantôme qui a déserté ses responsabilités. Malgré l'absence de salaire, la coupure des outils informatiques et l'angoisse du lendemain, elles continuent, avec un courage admirable, d'accueillir les patients pour les informer. Elles tiennent la barre alors que le navire a été sabordé. Tout mon soutien !

  • Pour les patients : C'est la double peine. Des parcours de soins interrompus sans préavis, des dossiers médicaux bloqués, et le sentiment d'être laissés pour compte dans un territoire qui manque déjà cruellement de médecins.

  • Pour les élus : C'est la colère de voir les efforts pour lutter contre les déserts médicaux sabotés par ce genre de dérives. Nous nous débattons pour offrir des soins de proximité, pendant que d'autres jouent au Monopoly avec la santé de nos concitoyens.

La santé n'est pas une marchandise !

Le cas SoMeD est l'exemple emblématique d'un système à bout de souffle. Des montages financiers dignes d'une escroquerie, des nébuleuses opaques liées à des fonds d'investissement, où la rentabilité prime sur le soin.

Il est insupportable de voir de l'argent public (financements Sécu, aides) alimenter des structures spéculatives qui s'effondrent au premier coup de vent, sans contrôle suffisant de l'État. L'abandon d'une véritable politique publique de santé laisse le champ libre au marché, et voilà le résultat.

Il est temps de dire STOP. La santé est un droit fondamental, pas un produit financier.

Face à l'urgence et à la gravité de la situation, j'ai officiellement saisi les autorités compétentes afin que les droits des salariés soient protégés et que la continuité des soins soit rétablie au plus vite.

Lizy-sur-Ourcq - Repas des anciens avec Maxence Gille, maire de Lizy-sur-Ourcq, Yves Parigi, maire de Mary-sur-Marne, et Christian Tronche, maire de Tancrou.

Sénat - Visite du Sénat avec les élèves de 3ème de Crouy-sur-Ourcq et leurs enseignants.

Montolivet - Réunion de travail avec le maire Lionel Moinier et ses adjoints Ingrid Colpaert et Eugène Pépin.

Villeparisis -Journée du jeu avec l'élue à la petite enfance Stéphanie Russo et les adjoints Alain Gorez et Christine Ginguené.

Mitry-Mory - Congrès de la FNACA avec la maire Charlotte Blandiot-Faride, le président Philippe Douine et le président local Alain Brillouet.

Sénat - Accueil du conseil municipal des enfants de Bagneaux-sur-Loing.

Torcy - Cérémonie de citoyenneté aux côtés du sous-préfet et des élus locaux.

Cannes-Ecluses - Inauguration du centre de santé associatif avec le maire Denis Miguet.

Brou-sur-Chantereine - Visite du CHRS avec la maire Stéphanie Barnier, la présidente de la Croix-Rouge 77 Monique Delessard et la directrice Aubane Devilaire.

Chelles - Action à la gare avec Rustam Zubkov, tête de liste de rassemblement de la gauche aux municipales.

Samois-sur-Seine - Inaugurations du pôle enfance et du plateau sportif avec le maire Michel Chariau et la Team Wez.

Melun - l’Académie de la Gendarmerie Nationale, à la cérémonie de la remise des sabres.

La mobilisation a payé : un hélicoptère de secours arrive enfin sur notre territoire !

Il y a quelque temps, j'avais interpellé la ministre chargée de la Santé sur l'urgence absolue de doter la Seine-et-Marne d'un moyen de transport héliporté dédié. Je dénonçais une injustice inacceptable : face à la désertification médicale, nos concitoyens n'avaient pas les mêmes chances de survie.

Aujourd'hui, c'est une avancée majeure pour l'égalité d'accès aux soins.

L'affectation de cet hélicoptère, qui sera basé à l'aérodrome de Melun-Villaroche, va concrètement changer la donne :

  • Réactivité maximale : Une prise en charge rapide, partout dans le département.

  • Connexion vitale : Un lien direct vers les hôpitaux parisiens spécialisés.

  • Vies sauvées : Chaque minute gagnée est une chance supplémentaire de survie.

À l’aérodrome Melun-Villaroche avec le contrôleur général Maestracci du SDIS 77 et son équipe, en février dernier.

PLF et PLFSS 2026 : le groupe CRCE-K a tracé une autre voie

Face à l'austérité, nous avons opposé la justice fiscale. Face aux coupes aveugles, nous avons démontré qu'une alternative existe.

La session budgétaire 2025 restera comme un moment de clarification politique. D'un côté, un gouvernement et une majorité sénatoriale arc-boutés sur une seule obsession : réduire les dépenses sociales pour préserver les privilèges fiscaux du capital. De l'autre, notre groupe qui a porté un contre-budget cohérent de 70 milliards d'euros de recettes nouvelles.

Car tel est le nœud du problème que la droite refuse de trancher : le déficit français n'est pas le fruit d'une dépense publique excessive, mais d'une érosion méthodique des recettes fiscales organisée depuis des années au profit des plus fortunés.

Nous avons nommé les choses. Les 211 milliards d'aides aux entreprises sans contreparties. Les rachats d'actions taxés sur leur valeur nominale — 0,20 € pour L'Oréal quand l'action vaut 390 € — une escroquerie légale. La suppression de la CVAE qui coupe le lien entre les territoires et l'activité économique. Le refus obstiné de la "taxe Zucman" sur les milliardaires, alors même que le consentement à l'impôt des classes populaires s'effrite.

Nous avons aussi gagné. L'adoption de notre amendement sur la CNIEG a stoppé net la tentative de spoliation des réserves du régime des électriciens et gaziers. Une victoire technique, certes, mais qui démontre que la défense du paritarisme peut encore l'emporter quand l'argument est imparable.

Un choix de société : Pour le gouvernement, c'est la rente plutôt que le droit au logement.

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Adapter les logements : n’oublions personne !

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Une absurdité fiscale qu’il est temps de corriger !

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Capitaliser quand on à les poches vides : le mépris du gouvernement !

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Alors que nous examinions le budget de l’Éducation nationale, ma position fut claire : refuser l'austérité et traduire en actes législatifs les revendications entendues sur le terrain. Je pense aux parents et élus de Collégien et à tant d’écoles rurales, que j'ai soutenus cette année face aux fermetures de classes injustes.

La cohérence politique, c'est d'aligner la parole et le vote. Face aux suppressions de postes prévues par le Gouvernement, le groupe CRCE-K pose une alternative chiffrée et concrète sur la table.

Voici nos amendements déposés et défendus :

  • Recrutement : Un plan d'urgence pour 2026 avec 1 600 enseignants de plus dans le 1er degré et 3 300 dans le 2nd degré.

  • AESH : La reconnaissance enfin ! Création d'un corps de fonctionnaires et passage immédiat du salaire à 1 850€ brut.

  • Filières oubliées : 684 postes pour l'enseignement agricole et 1 500 recrutements annuels en EPS.

L'imposture du RN révélée Le sénateur RN Aymeric Durox était présent pour une intervention générale de principe... avant de quitter la séance. Le bilan de son action parlementaire sur le budget éducation ? Le néant.

  • 0 amendement déposé.

  • Aucune proposition pour les salaires des AESH.

  • Aucune opposition aux suppressions de postes.

En ne proposant rien, le RN valide de facto la carte scolaire du gouvernement. C'est toute la différence entre l'agitation médiatique et le travail sérieux au service de l'École publique.

La guerre est un marché. Et dans le système actuel, ce marché fonctionne comme une gigantesque pompe aspirante : il capte la richesse produite par le travail collectif pour la transformer en dividendes privés.

Chaque euro d'argent public injecté dans l'industrie de la défense, qui se traduit aujourd'hui par une explosion des cours de bourse, est un euro soustrait à la reproduction de notre société.

La hausse des tensions géopolitiques ne doit pas être une variable d'ajustement pour le taux de profit des actionnaires. C'est une rente de situation, une spéculation sur la destruction.

Avec le groupe CRCE-K, je dépose la Proposition de loi n°150 pour intervenir directement sur ces flux financiers.

Notre texte pose trois verrous contre cette logique d'accumulation :

  • La captation de la rente : Une imposition massive (jusqu'à 41%) sur les surprofits des maîtres d'œuvre de la défense. L'argent généré par la commande publique doit revenir au public.

  • Le frein à la spéculation : Une surtaxe sur les transactions financières et les plus-values latentes. La valorisation boursière fondée sur l'anticipation de conflits armés est du capital fictif que nous devons neutraliser fiscalement.

  • La réallocation matérielle : L’article 4 crée un Fonds national. Il s’agit de transférer concrètement ces capitauxdu secteur de la destruction vers les infrastructures vitales : l'école, l'hôpital, la recherche et la rénovation thermique.

Il s'agit de reprendre le contrôle sur les ressources. L'argent existe, il circule, mais il s'accumule au mauvais endroit. Notre rôle de législateur est de dévier ce flux : des coffres de l'industrie de l'armement vers les besoins concrets de la population.

Membre de groupes interparlementaires d'amitié comprenant des pays africains et également membre de la commission des affaires économiques, j'ai interpellé le Ministre sur le rapport de l’ONG Global Energy Monitor.

Ce document met à nu la mécanique réelle de la "transition" qu'on nous vend : une captation des ressources du Sud par les capitaux du Nord.

Les faits sont têtus :

  • Alors que 600 millions d’Africains n'ont toujours pas accès au réseau électrique, 61 % des projets d'énergies renouvelables sur le continent sont calibrés uniquement pour l'exportation d'hydrogène vers l'Europe. On mobilise la terre, le vent et le soleil pour alimenter nos marchés extérieurs, en laissant les populations locales dépourvues des infrastructures les plus élémentaires. C'est une organisation irrationnelle de la production.

  • Au-delà de l'énergie, c'est une mainmise sur l'eau. Produire 1 kg d'hydrogène vert consomme jusqu'à 30 litres d'eau douce. Concrètement, dans des zones arides, l'industrie européenne va entrer en concurrence directe avec l'agriculture vivrière et l'approvisionnement en eau potable des habitants.

  • La structure de propriété révèle tout : 65 % de ces projets sont contrôlés par des entreprises européennes, contre seulement 25 % par des acteurs africains. La valeur ajoutée est rapatriée, les risques et les nuisances restent sur place.

Cette logique est aussi un piège pour la France.

En organisant cette dépendance aux importations, nous refusons d'investir dans nos propres capacités productives. Nous mettons en concurrence les territoires au lieu de construire une filière industrielle souveraine créatrice d'emplois qualifiés chez nous.

Je demande la transparence sur les intérêts français engagés. La coopération entre les peuples exige que le développement des uns ne se fasse jamais par le pillage des autres.

Très heureuse que la Mission Patrimoine alloue cette belle somme au Musée Vivant du Chemin de Fer de Longueville, que j’avais visité au début de mon mandat. Bravo à tous les bénévoles et aux élus pour leur travail !

Un grand merci à Estelle Galant de nous prendre par la main pour nous accompagner dans ce très beau témoignage d’une sportive paralympique de haut niveau qui a traversé tant d’épreuves.

Une bouffée d’espoir et de combativité !

Bravo à la Team Wez et Valentin Francavilla pour cette superbe préface et à Muriel Herbert d’avoir collaboré à son écriture !

À découvrir absolument : Derrière chaque chute : une revanche, un rêve - Estelle Galant.

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